Tout travail mérite salaire
J’ai vu dimanche dernier que les Vaudois avaient accepté d’introduire un salaire minimum cantonal. De mémoire, notre canton de Genève connaît également un tel salaire. Est-ce le cas et, si oui, quelles sont les différences entre les deux cantons ?
Robert, Onex
Oui, Genève connaît déjà un salaire minimum cantonal depuis 2020. Le canton de Vaud vient quant à lui de franchir une première étape importante, mais les deux systèmes restent aujourd’hui très différents.
À Genève, le salaire minimum est déjà une réalité bien ancrée dans le paysage économique. La Loi sur l’inspection et les relations du travail (LIRT) prévoit expressément un salaire minimum destiné à lutter contre la pauvreté, favoriser l’intégration sociale et contribuer au respect de la dignité humaine. Pour 2026, il s’élève à 24,59 francs bruts de l’heure et est indexé chaque année en fonction de l’évolution du coût de la vie.
Dans le canton de Vaud, la situation est plus nuancée. Lors de la votation du 14 juin dernier, les électeurs ont accepté l’initiative constitutionnelle inscrivant le principe d’un salaire minimum dans la Constitution cantonale. En revanche, ils ont rejeté tant l’initiative législative que le contre-projet du Conseil d’État. Le canton dispose ainsi désormais d’un mandat constitutionnel, mais pas encore de loi d’application. Autrement dit, le principe est acquis mais les modalités concrètes restent à définir par le Grand Conseil.
Les débats qui ont précédé la votation permettent toutefois de distinguer plusieurs différences avec le modèle genevois. Le montant envisagé dans le canton de Vaud était de 23 francs de l’heure, soit un niveau inférieur au minimum genevois actuel. Les projets vaudois prévoyaient également des exceptions explicites pour les apprentis, certains stagiaires, les personnes en réinsertion et les travailleurs mineurs.
Une autre question importante concernait les conventions collectives de travail. Les initiants souhaitaient que le salaire minimum légal prime systématiquement sur les conventions collectives. Le contre-projet du Conseil d’État privilégiait au contraire les conventions collectives étendues et certains contrats-types de travail. C’est d’ailleurs sur ce point que les discussions politiques ont été particulièrement animées.
Pour les travailleurs genevois, cette votation a quelque chose d’un miroir. Elle rappelle les débats qui ont animé notre canton avant l’introduction du salaire minimum en 2020. Les Vaudois ont désormais rejoint le cercle des cantons qui reconnaissent ce principe, mais ils doivent encore en dessiner les contours.
En résumé, Genève dispose déjà d’un salaire minimum applicable et régulièrement adapté. Dans le canton de Vaud, le principe est désormais inscrit dans la Constitution, mais le feuilleton législatif n’est pas terminé. Comme souvent en Suisse, la votation populaire a donné le cap. Reste maintenant à tracer la route.
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