Vol au-dessus d’un nid d’embrouilles
Pour les vacances de Pâques, j’avais prévu de partir chercher le soleil au sud mais j’ai renoncé à ce projet par crainte de rester en plan au vu des perturbations du trafic aérien liées à la situation dans le Golfe. Pour une prochaine fois j’aimerais savoir à quoi je pourrais prétendre si mon vol est en retard ou annulé ?
Thierry, Carouge
Au départ de Genève, vos droits découlent principalement du Règlement européen n° 261/2004, applicable aussi en Suisse. Ce texte prévoit une protection assez musclée des passagers en cas de retard important, d’annulation ou même de surbooking. L’idée est simple: si votre voyage tourne mal, la compagnie doit vous assister et parfois passer à la caisse.
Assistance
Premier réflexe: l’assistance. Dès un certain retard (2 à 4 heures selon la distance), la compagnie doit (ou du moins devrait!) vous offrir rafraîchissements, repas, et si nécessaire hôtel et transport. Vous avez aussi droit à des moyens de communication, ne serait-ce que pour prévenir ou rassurer qui de droit.
Ensuite, si votre vol est annulé, vous avez le choix entre exiger le remboursement du billet ou le réacheminement vers votre destination. Un remboursement doit intervenir rapidement, en principe dans les 7 jours.
A cela peut s’ajouter une indemnisation: sauf circonstances extraordinaires (par exemple météo dangereuse, grève externe ou conflit armé), vous pouvez recevoir entre 250 et 600 euros selon la distance du vol.
En cas de retard, la logique est un peu différente: il n’y a pas d’indemnité automatique, sauf si vous arrivez avec plus de 3 heures de retard à destination, la jurisprudence européenne assimilant alors un tel retard à une annulation.
Appliqué à votre projet de prochaines vacances, si votre vol part de Genève et subit un gros retard ou est annulé sans raison valable, vous aurez droit à une assistance immédiate, au choix un remboursement ou un nouveau vol, et possiblement à une indemnité forfaitaire. En revanche, si le problème est dû à une tempête ou à un événement extraordinaire, la compagnie pourra échapper à l’indemnisation, mais pas à l’assistance.
C’est évidemment là où le bât blesse, car la situation au Proche-Orient est source de perturbations dont peuvent s’exonérer les compagnies; encore faut-il que la fermeture d’un espace aérien les prenne au dépourvu et provoque un effet imprévisible concret directement sur les vols concernés, car il incombe à chaque transporteur de s’organiser pour éviter les perturbations, même en temps de crise.
À relever encore que le règlement s’applique à tous les vols au départ d’un aéroport suisse, quelle que soit la nationalité de la compagnie ou son modèle économique, même low cost!
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