CCT et CTT
CCT et CTT
Certains contrats de travail sont effectivement soumis Ă des règles impĂ©ratives dĂ©coulant soit de conventions collectives de travail (CCT), soit de contrats-types de travail.Les CCT sont des conventions conclues le plus souvent entre des associations d’employeurs et des syndicats de travailleurs. Une telle convention peut ĂŞtre Ă©dictĂ©e pour une entreprise seulement ou pour un secteur Ă©conomique tout entier. Elle est le fruit des nĂ©gociations entre ses parties contractantes et elle est contraignante pour les employeurs et les travailleurs de la branche concernĂ©e. Elle ne peut cependant pas dĂ©roger au droit fĂ©dĂ©ral, sauf s’il s’agit de droit fĂ©dĂ©ral dispositif, auquel cas il est possible d’y dĂ©roger uniquement en faveur des travailleurs.Dans le domaine du nettoyage dont il Ă©tait question dans ces colonnes il y a deux semaines, il existe par exemple la « CCT pour le secteur du nettoyage en bâtiment pour la Suisse romande » dont les termes s’appliquent aux entreprises qui exercent une activitĂ© rĂ©gulière ou occasionnelle dans les cantons romands et qui offrent des prestations Ă titre principal ou accessoire dans le domaine du nettoyage. Elle ne concerne toutefois pas les particuliers qui embauchent un(e) employĂ©(e) de mĂ©nage Ă titre privĂ©.Lorsqu’une branche de l’économie ne connait pas de CCT, des contrats-types prĂ©voyant des salaires minimaux impĂ©ratifs peuvent ĂŞtre Ă©dictĂ©s. En effet, ce second instrument joue un rĂ´le subsidiaire par rapport aux CCT et sert Ă combler les lacunes dans les branches oĂą elles n’existent pas. Ces contrats-types ont Ă©galement une force contraignante et il ne peut y ĂŞtre dĂ©rogĂ© qu’en faveur du travailleur. Il convient nĂ©anmoins de distinguer les contrats-types ordinaires qui sont de droit dispositif (on peut y dĂ©roger selon certaines conditions) de ceux fixant des salaires impĂ©ratifs minimaux, au sens de l’article 360a du Code des Obligations, applicables Ă tous les travailleurs de la branche Ă©conomique concernĂ©e. Le contrat-type de travail n’est ainsi pas le fruit d’un accord entre employeurs et travailleurs. Il s’agit d’un acte normatif Ă©dictĂ© par l’autoritĂ© cantonale compĂ©tente (Ă Genève la Chambre des relations collectives de travail) en vertu d’une base lĂ©gale fĂ©dĂ©rale ou cantonale, afin de rĂ©glementer de manière gĂ©nĂ©rale la conclusion, l’objet et la fin des contrats individuels de travail dans une branche ou une profession.Au bout du lac, le « Contrat-type de travail avec salaires minimaux impĂ©ratifs de l’économie domestique » s’applique Ă tout le personnel affectĂ© aux activitĂ©s domestiques, y compris aux travailleurs dont les services ont Ă©tĂ© louĂ©s ; il fixe un salaire minimum pour la branche qui est de CHF 23.14 bruts de l’heure, soit environ 4’500.- par mois dès lors que la semaine de travail dans la branche compte 45 heures. Dans le canton de Vaud par exemple, le salaire minimum est diffĂ©rent, allant de 18.55 Ă 22.40 selon la qualification de l’employĂ©, en vertu de l’ArrĂŞtĂ© Ă©tablissant un contrat-type de travail pour le personnel des mĂ©nages privĂ©s.
